Assurer une circulation fluide des passagers tout en garantissant un haut niveau de sécurité et confidentialité aéroportuaire constitue une préoccupation majeure et stratégique pour les exploitants d’aéroports. La complexité de cette mission semble de plus en plus accrue. Notamment en raison de l’augmentation continue des flux de voyageurs et de la saturation progressive des dispositifs de sécurité traditionnels.  

Dans cette logique d’optimisation opérationnelle, de nouvelles technologies ont été intégrées afin de renforcer les dispositifs existants. Face à cette course à l’efficacité, c’est l’IA qui intervient. Elle s’impose comme un levier majeur pour améliorer la sécurité et confidentialité aéroportuaire. Toutefois son utilisation soulève également des interrogations essentielles liées à la protection des données personnelles. 

Dès lors, une question centrale émerge auprès des usagers. Si l’intelligence artificielle permet d’améliorer la sécurité dans les aéroports, comment garanti t’elle la confidentialité des données ? 

Sécurité et confidentialité aéroportuaire face à l’évolution du transport aérien 

Nous savons que l’émergence de l’IA a pris un tout autre tourment dans de nombreux secteurs, dont celui du transport aérien. Son déploiement suscite à la fois des craintes et une adoption croissante. Notamment dans les domaines liés à la gestion des flux, à la sûreté et à l’optimisation des opérations. 

Parallèlement, les dispositifs de sécurité et confidentialité aéroportuaire ont connu une évolution majeure. Les contrôles traditionnels, tels que l’inspection des bagages ou les détecteurs de métaux, ont été progressivement renforcés par des technologies avancées.  

L’objectif est clair : renforcer les contrôles, limiter les risques d’incident et rassurer les voyageurs tout au long de leur parcours. 

Grâce à ces équipements complémentaires, les contrôles manuels ont gagné en efficacité. Les opérations de sécurité sont désormais mieux coordonnées. Plus rapides et davantage adaptées à l’augmentation du trafic passagers. Tout en contribuant à une meilleure gestion globale des infrastructures aéroportuaires. 

Comment l’intelligence artificielle renforce la sécurité aéroportuaire ?

Détection renforcée des menaces et analyse en temps réel 

Les dispositifs de sécurité basés sur l’intelligence artificielle sont capables d’analyser de vastes volumes de données en temps réel. Ces informations proviennent notamment de caméras de comptage, de capteurs intelligents et de données liées aux itinéraires de vol par exemple. 

Grâce à cette analyse continue, les aéroports peuvent identifier plus rapidement des situations à risque. Des comportements inhabituels, des mouvements anormaux ou des schémas de déplacement atypiques peuvent ainsi déclencher des alertes. Le personnel de sécurité est alors en mesure d’intervenir sans délai. 

Selon l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne, l’IA constitue un levier pertinent pour renforcer la sécurité aérienne (EASA). À condition qu’elles restent encadrées par une supervision humaine et des règles strictes de gouvernance des données. 

Analyse prédictive et anticipation des risques

Au-delà de la détection immédiate, l’intelligence artificielle permet également d’anticiper les risques. En analysant des données historiques et des tendances passées, des schémas de comportements suspects ou des zones sensibles peuvent être identifiés. 

Cette approche permet aux aéroports d’adapter leurs dispositifs de sécurité en amont. Les ressources sont mobilisées de manière ciblée, là où elles sont réellement nécessaires. Ainsi, la sécurité et confidentialité aéroportuaire sont renforcées de manière durable, tout en limitant les perturbations opérationnelles et les risques d’incident. 

Des mesures de sécurité adaptées aux profils de risque

L’IA offre également la possibilité de mettre en place des protocoles de sécurité différenciés, fondés sur des niveaux de risque prédéfinis. Certains passagers, notamment les voyageurs fréquents ayant fait l’objet de vérifications approfondies, peuvent bénéficier de contrôles simplifiés. 

Plus simplement, l’objectif est d’écarter les personnes à faible risque pour ne pas entacher leurs expériences voyageuses. Cela limite les contraintes pour la majorité des voyageurs. 

À l’inverse, des examens complémentaires peuvent être appliqués lorsque des signaux spécifiques sont détectés.  

Cette approche basée sur le risque améliore l’efficacité globale des contrôles tout en préservant la fluidité du parcours voyageur. Elle participe pleinement à l’équilibre entre sécurité et confidentialité aéroportuaire. 

Sécurité et confidentialité aéroportuaire : un équilibre indispensable 

Malgré ses nombreux avantages, l’intelligence artificielle soulève des préoccupations légitimes en matière de protection de la vie privée.  

Confidentialité des données

Les systèmes déployés reposent sur le traitement de données sensibles, qu’il s’agisse d’informations opérationnelles, de données de flux ou d’historiques de voyage. 

La sécurisation de ces données constitue donc une priorité absolue. En effet, les aéroports doivent garantir un stockage sécurisé, un accès contrôlé et une utilisation strictement encadrée des informations collectées. Le respect des réglementations en vigueur, notamment le RGPD, est indispensable pour assurer la sécurité et confidentialité aéroportuaire. 

De plus, des audits réguliers et des mécanismes de contrôle renforcent la conformité des systèmes et contribuent à instaurer un climat de confiance auprès des passagers. 

Transparence, équité et respect des libertés individuelles 

La sécurité dans les aéroports a considérablement évolué au fil des ans. Les méthodes traditionnelles, telles que le contrôle manuel des bagages et les détecteurs de métaux, ont été complétées par des technologies de pointe. Récemment, l'IA a changé la donne dans le domaine de la sûreté aérienne. Elle offre un large éventail de capacités qui renforcent les mesures de sécurité et rationalisent les opérations aéroportuaires.

La transparence joue un rôle clé dans l’acceptation des technologies de sécurité. Les passagers doivent être informés de manière claire sur l’utilisation des dispositifs automatisés et sur les conditions de traitement de leurs données. Des politiques accessibles et compréhensibles favorisent cette relation de confiance. 

Par ailleurs, les algorithmes doivent être régulièrement testés afin d’éviter tout biais ou traitement discriminatoire. Une surveillance continue, associée à des audits et des ajustements fréquents, permet de garantir l’équité des dispositifs et le respect des droits fondamentaux. 

Options de désinscription

Enfin, une option de retrait doit être proposée. Les passagers ne souhaitant pas recourir à certaines technologies automatisées peuvent alors opter pour des contrôles traditionnels. Cette flexibilité respecte le choix individuel tout en maintenant un haut niveau de sécurité et confidentialité aéroportuaire. Bien que cela implique des contrôles de sécurité supplémentaires par des méthodes traditionnelles.  

Cas d’usage : optimisation des zones de sûreté par l’IA 

Dans de nombreux aéroports, la gestion des zones de sûreté constitue un enjeu critique. Les retards successifs peuvent rapidement générer un effet domino :  

  • Congestion aux points de contrôle 
  • Allongement des files d’attente 
  • Pression accrue sur les équipes 
  • Dégradation de l’expérience passager 

Pour répondre à ces situations, certains aéroports déploient aujourd’hui des solutions d’intelligence artificielle dédiées à l’analyse et à l’optimisation des flux. Notamment dans les zones PIF et PAF. 

Les systèmes de sécurité alimentés par l'IA peuvent analyser en temps réel de grandes quantités de données provenant de diverses sources, notamment des caméras de surveillance, des profils de passagers et des itinéraires de vol. Cela permet aux aéroports d'identifier les menaces potentielles avec plus de précision et de rapidité. Les comportements suspects, tels que des mouvements ou des interactions inhabituels, peuvent déclencher des alertes pour que le personnel de sécurité puisse enquêter.

Ces dispositifs s’appuient sur des technologies de comptage et d’analyse des flux : capables de mesurer en temps réel la densité de passagersla longueur des files et la dynamique des flux en amont des contrôles.  

Ainsi, lorsqu’un risque de saturation est détecté, le système ne se limite pas à un simple constat, il propose des recommandations opérationnelles telles que :  

  • L’ouverture de lignes supplémentaires 
  • La réaffectation des ressources humaines 
  • La redirection partielle des passagers vers des points de contrôle alternatifs 

Cela permet donc aux gestionnaires d’aéroports d’anticiper plutôt que de subir les congestions.   

Sécurité et confidentialité 

Sur le plan de la confidentialité, ces solutions reposent sur une approche strictement respectueuse des données personnelles. Les technologies utilisées, notamment la vision par ordinateur, fonctionnent sur des principes d’anonymisation. En effet, aucun visage n’est reconnu, aucune identité n’est stockée. Les dispositifs sont 100% conformes aux exigences réglementaires (RGPD). L’efficacité de ces technologies sont également renforcées par la fusion de données issues de multiples sources :  

  • Capteurs de comptage 
  • Horaires de vol 
  • État des postes de contrôle 
  • Données d’occupation des zones  
  • Informations opérationnelles internes 

L’IA la plus acceptable en aéroport n’est pas celle qui reconnait les visages, mais celle qui comprend les flux.

Cas réel : dispositif déployé

C’est notamment le cas de Amsterdam Schiphol Airport, qui a déployé des solutions d’analyse intelligente des flux voyageurs afin d’optimiser les zones de contrôles de sureté. Ces dispositifs reposent sur une technologie de comptage et d’analyse de densité permettant de mesurer en temps réel la fréquentation des zones. 

London Heathrow Airport s’appuie également sur des solutions d’intelligence artificielle afin d’optimiser la gestion des flux voyageurs dans ses terminaux, points suretés et contrôle aux frontières. L’IA est utilisé pour analyser l’occupation des espaces, prévoir les congestions et recommander des actions opérationnelles en temps réel.  

Pour conclure, aujourd’hui, l’intelligence artificielle s’impose comme un outil structurant pour renforcer la sécurité et confidentialité aéroportuaire. En améliorant la détection des menaces, en anticipant les risques et en optimisant la gestion des flux, elle permet aux aéroports de répondre aux exigences croissantes du transport aérien moderne. 

Cependant, son déploiement doit impérativement s’inscrire dans un cadre strict. La protection des données, la transparence des dispositifs et le respect des libertés individuelles doivent rester au cœur des stratégies de sécurité.  

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